DOGME SCIENTIFIQUE

Groupe nominal, à l’apparence d’un cadavre exquis.

Jean Labarre est chercheur biologiste. Il dénonce dans Nexus n°110 (mai juin 2017) le poids des dogmes dans les sciences aujourd’hui. Le dogme n’a rien à voir avec la démarche scientifique qui est sans préjugés, et qui n’exclut aucune hypothèse. Le chercheur s’inquiète du manque d’originalité dans les nouvelles hypothèses, il parle de censure consciente ou inconsciente.


L’influence de l’esprit sur la matière, démontrée par l’existence de l’effet placebo, n’est paradoxalement pas accepté par certains scientifiques, qui nient les faits parce que leurs théories sont à revoir (dogme matérialiste). Le “principe de parcimonie” (qui consiste à privilégier une théorie en vigueur pour expliquer un phénomène) se trouve alors détourné lorsque le phénomène inattendu ne peut pas être expliqué par la théorie. Le principe devient : si un phénomène inattendu vient contredire la théorie, le plus simple est de rejeter le fait (page 28).

 

Certaines expériences deviennent tabous, et sont catégorisées dans la rubrique “pseudo sciences”. Exemple : les ovnis. Autre problème dénoncé par l’auteur : le cloisonnement des disciplines. C’est pourtant l’astronome Wegener, devenu météorologue, qui proposera sa théorie de la dérive des continents, théorie acceptée 50 ans plus tard!

 

L’auteur critique l’âge des chercheurs : les chercheurs sont particulièrement créatifs au début de leur carrière (Einstein avait 26 ans lors de la publication de ses deux articles majeurs - on est loin de l'image du veillard tirant la langue -). Après, certains se comportent comme des mandarins, osant peu faire évoluer leurs théories.

 

L’auteur parle d’incitation à la fraude, parce que les chercheurs sont soumis à la compétition et qu’il faut publier pour se faire connaître et obtenir de nouveaux financement. Richard Horton, le rédacteur en chef de The Lancet, déclarait “Personne ne peut nettoyer le système : la moitié de la littérature scientifique est tout simplement fausse… La science a pris le virage de l’obscurantisme.” (page 32).

Voilà ce qu'écrit Boris Cyrulnik : Pour triompher de l'angoisse de la mort, nous avons construit de merveilleuses cathédrales, discours de beauté et de transcendance, mais l'affirmation de cette puissance provoque l'extermination de ceux qui ne partagent pas nos croyances. Nous avons exploré le réel pour extraire quelques segments que nous appelons "vérité scientifique", mais nous en déduisons des certitudes coupées du réel, ce qui définit le délire non psychotiques. Notre succès scientifique est si grand qu'il n'est plus possible de lire toutes les publications, ce qui provoque une confusion et une aspiration aux vérités révélées. (p294)

Pourquoi le monde vaccinal échapperait-il aux dogmes de la science ?

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